« La naissance de King Kostard », par Bruno Adrie

Au commencement était le Verbe, pardon, le Word. Et le Word était vrai et le Word était faux. Au commencement était le Word et le Word dit : « Que la lumière soit ! » Et les sunlights s’enflammèrent au-dessus de la scène encore vide d’un cosmos immanent en attente de parturition. Voyant ce vide, le Word se sentit seul. Il eut même froid. Alors, le Word prit le vide, le rassembla, le modela, en fit une forme qu’il habilla, quickly avant qu’elle ne se dispersât. Il l’attifa, complet veston taillé bespoke dans la toile sombre volée aux nuits du firmament. Puis il vissa à son sommet un crâne, une tête auguste serrée cravate qu’il couronna d’une tranche de paillasson pariétale et occipitale. Il lui fit un grand front et modela son visage, lui enfonçant dans les orbites deux yeux où se mêlèrent les eaux troubles des bas calculs et les eaux claires d’une bêtise limpide. Puis il lui planta un nez, un nez arqué, un nez tranchant, un nez brise-glace et ambitieux et lui découpa une bouche, lui fourgonna une anfractuosité à dentition vorace, une béance dans laquelle il souffla pour lui accorder le wording. Le wording, ce don de dire et de ne pas dire, cette glossolalie en va-et-vient permanent, ce bal trompeur des mensonges vrais et des vérités falsifiées qui tournent en boucle sous les orbites obombrantes.
C’est ainsi le wording prit corps dans une créature que le Word appela King Kostard.
Ayant contemplé son œuvre et l’ayant trouvé bonne, le Word l’enferma dans la grande pyramide, afin qu’elle se condensât, afin que l’ombre la prît, dans l’attente du Moment Cosmique, dans l’attente des Fêtes de Printemps, dans l’attente quinquennale, surfaite et programmée des Bacchanales Électorales.

Bruno Adrie