« King Kostard n’aime pas Jojo avec son gilet jaune », billet d’humeur par Bruno Adrie

Apparemment, King Kostard n’aime pas « Jojo avec son gilet jaune ». King Kostard est très relax. Déstructuré, il méprise en toute décontraction. Il évoque, comme ça, de loin, sans regarder Jojo dans les yeux, sans se demander ce qu’il est en train de faire de la France, sans se rendre compte du fait qu’il a brisé la confiance dans les institutions. Mais, pour lui, quoi de plus naturel puisque le monde est ainsi fait : d’un côté, King Kostard, parfumé et toiletté comme un chien de concours, un chien docile, reconnaissant, qui lèche goulument la main de ses maîtres et, de l’autre, Jojo, le chien sans collier, jaune, édenté, que les « forces de l’ordre » renversent à coups pieds, dégomment à la baballe et aplatissent dans le caniveau, gueule saignante écrasée sur le pavé, coincée au genou bien calé, les flancs tremblants sous d’interminables coups de matraques.
Jojo, le chien rejeté, le chien des ronds-points, Jojo qui sent la pluie et la palette brûlée, qui sent le gasoil et les blocages de routes, Jojo, c’est toi qui est mon frère et certainement pas l’autre, le bien brossé, le bien nourri, le bien fayot au coeur taillé dans un lingot d’or.

Bruno Adrie