« C’est notre projet, qu’il gueulait en se tirant sur le menton et c’est maintenant qu’on voit le résultat », par Bruno Adrie

C’est notre projeeeeet, qu’il gueulait en se tirant sur le menton pour mieux allonger un “jeeeeet” qu’il voulait généreux et convaincant. C’est notre projeeeeet, qu’il écoutait l’imbécile, le brouteur de journaux, le sommé de penser printemps, le nouveau converti à la moralisation de la vie politique et à la vertu conçue comme inséparable du rajeunissement promis juré de nos élites politiques. D’autres, plus perplexes pensaient qu’il fallait lui laisser le temps au petit duc d’Amaguise, au petit roi envieux, alors que du temps, il en avait passé au service de l’élite, à la Commission Attali, à la banque, à l’inspection des finances, à l’Elysée et au ministère de l’Économie. C’était son projet et ça aurait dû le rester mais c’était sans compter les imbéciles, ceux qui le trouvaient beau et génial dans son costard, ceux qui, écrasés sous les orchestres de ferblanterie de la propagande électorale ont fini par lui faire la courte-échelle et l’ont hissé sur le podium! Ce qu’ils en ont bouffé du média hallucinogène, du journaliste VRP avant de se donner le Macron! C’était impressionnant de les voir confier comme ça, avec leurs gueules grignotées par toutes les bactéries du mensonge, les clefs du navire France au capitaine Faux-Gentil qui, en bon représentant de la finance, nous précipite déjà, à plein ramdam de machines en secousses, contre les récifs d’une dictature devenue nécessaire. Nécessaire parce qu’on n’augmente pas le volume des razzias sans priver, au préalable, les razziés de toute possibilité de se défendre. Finiront-ils, ces détroussés par vocation, par prendre conscience de l’existence d’un imparable mécanisme de domination sociale – qui a parfaitement intégré le suffrage universel -, qu’ils ne pourront déjà plus bouger. Il sera trop tard car ils se réveilleront ligotés et bâillonnés et le soudard au service du puissant pourra, sous leurs yeux, ouvrir leurs tiroirs et s’emparer de leurs économies avant de leur enfoncer un poignard dans le cou – le poignard de l’Injustice – pour les empêcher de gueuler et les faire saigner. Ah, les cochons!
Science-fiction? Délire d’un esprit surchauffé? Pas le moins du monde: France Info a brièvement commenté une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques qui montre qu’en 2019, les 2% les plus riches devraient capter 42% de l’accroissement des 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat obtenus grâce aux mesures prises par le gouvernement et que “la tranche de ceux qui se situent juste en dessous des 5% les plus aisés verront leur niveau de vie se réduire”.
Jusqu’où et quand? Parions qu’il n’y a pas de limites.
L’élite brésilienne vit très bien adossée aux favelas et quand les élections la desservent, il lui reste l’impeachment, le licenciement de Dilma, la reprise en mains des bonnes affaires. Je suis sûr que Macron trouve ces gens très fréquentables.
Bruno Adrie