« Sur Mediapart, un caniche de la presse bien pensante déclare la guerre à la France Insoumise, au Parti Communiste Français et aux pauvres du Venezuela », par Bruno Adrie

Sur le site Mediapart, l’ex-trotskyste et ex-directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, aime jouer les francs-tireurs, ce qui ne l’a pas empêché de servir honteusement la soupe à Macron pendant la campagne présidentielle.  Aujourd’hui même, on trouve, sur son site, un article d’un certain Hubert Huertas dont je ne puis lire que le début, n’ayant jamais été abonné à ce torchon cousu d’ambiguïtés, et qui dit :

« Croquis. Des pudeurs de gazelle pour le Venezuela

Grand silence de la part des autorités françaises au sujet du Venezuela. Et refus de condamner, voire défense (sic) de Nicolas Maduro de la part d’une grande partie de la gauche, France insoumise et Parti communiste. Comme si la mort de 120 personnes et l’emprisonnement d’opposants ne valaient pas un communiqué, ou l’expression d’un malaise. »

Voici comment, sur le même site,  se présente son auteur :

« J’ai commencé dans la presse locale, Le Provençal, tâté de l’hebdo à l’Express, suis rentré à Radio France en 1982, Red-Chef à Avignon puis Aix en Provence, Correspondant permanent d’Inter et Info à Marseille, puis Chef du Service politique de France Culture que j’ai quitté en janvier 2014 [pour rejoindre Mediapart]. Longtemps prof de Radio au CFPJ Montpellier et l’Ecole de Journalisme de Marseille. Je suis enfin l’auteur de deux essais politiques et de cinq romans. »

Assurément pas un esprit libre, ce Huertas, assurément pas un franc-tireur ou tout ce qui pourrait ressembler à une personne qui se serait donné les moyens d’acquérir dignité et indépendance. Un caniche à collier plutôt, un caniche attaché bien sagement devant la gamelle que ses maîtres remplissent à heure fixe en échange de sa docilité canine et qui, cerise sur la pâtée, écrit des livres, des essais, des romans, avec sa petite pa-patte obéissante.

Le peuple vénézuélien ne remerciera certainement pas cet agent trouble, ce commentateur peut-être inconscient qui jette de l’huile sur un feu qui a brûlé des vies au sens propre, un feu soigneusement entretenu par l’oligarchie vénézuélienne et par un State Department soucieux de refaire main basse sur une Amérique latine par trop rétive à ses intrusions depuis le surgissement de leaders souverainistes tels qu’Evo Morales, Rafael Correa, Pepe Mujica, Cristina Kirchner et, bien entendu, Nicolas Maduro qui a succédé à Hugo Chavez.

Hubert Huertas joue les moralisateurs, n’envisage même pas que les tragiques événements du Venezuela puissent être une révolution colorée télécommandée depuis l’extérieur, déclenchée par des leaders fascistes du type Leopoldo Lopez et soutenue vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des médias qui pensent comme lui, respirant à l’étouffée dans le poing serré de quelques magnats qui répètent la stratégie du bombardement médiatique autrefois adoptée par le journal El Mercurio de Agustín Edwards Eastman contre les réformes vraiment socialistes de Salvador Allende. Fidèle au piétinement des peuples, le petit Hubert fait fi de toute analyse géopolitique, sociologie ou politique – lui l’ex-chef de service politique à France Culture –, pour tomber – c’est tellement plus simple et plus adapté à l’ignorance de ses lecteurs – dans la posture moralisante, la condamnation aveugle, les beuglements à la sauce French Doctor. Chercher à faire pleurer les imbéciles est un métier qui a plus à voir avec la propagande qu’avec le journalisme.

J’espère, pour finir, que ce brave monsieur a bien réclamé ses trente deniers aux oligarchies mondiales et, si tel est le cas, je serais d’avis de lui décerner le prix de la « laisse d’or » créé par le magazine défunt PLPL et qui fut distribuée il y a bien des années à l’ensemble du chenil journalistique français à commencer par le moustachu Edwy Plenel.

En revanche, si tel n’est pas le cas et s’il a écrit juste pour le plaisir d’aboyer et de faire le beau, alors, là, nous devrons trouver le moyen de l’immortaliser. Car, soutenir, bénévolement, que Nicolas Maduro est un autocrate et, implicitement, que les États-Unis défendent la démocratie au Venezuela, ça mérite pour son auteur d’être empaillé par le meilleur taxidermiste de la place parisienne et d’être exposé au « Musée Bernard-Henri Lévy de touts les traîtres, atlantistes, collabos et autres clabaudant cabots pas forcément conscients de leur état ».

Un caniche empaillé de bien-pensance qui ferait mieux de s’intéresser au coup d’État qui se produit, en France, à chaque décision prise par un gouvernement illégitime soutenu par la claque des petits soldats-députés programmés pour dire oui, sous la coupole d’une Assemblée Nationale noyée dans l’eau croupie de l’emmarchisme, à toutes les offensives qui sont et seront menées contre le code du travail et les salariés.

Bruno Adrie