« Sur la plage de Deauville: Pénicaud ou méduse urticante? » (Fiction vraie), par Bruno Adrie

Muriel Pénicaud aurait été retrouvée échouée sur la plage de Deauville, non loin de la villa largement sous évaluée des Trogneux-Macron mais la communauté scientifique doute de la validité de cette information. C’est par un après-midi venteux qu’un couple d’océanographes (les Pinçon-Cousteau) a d’abord cru distinguer, au loin, une baudruche racornie qui tremblait  sous des rafales pouvant aller jusqu’à 100 km/h. L’enquête montrera que, peu avant la découverte, d’autres promeneurs avaient entendu un sifflement strident suivi d’éructations comme celles émises par un ballon qui se dégonfle avant de s’écraser lamentablement.  Les scientifiques ont rapporté dans leur laboratoire les restes de ce qu’ils croyaient être une nouvelle sous-espèce de méduse urticante (semaeostomea) rejetée par une mer agitée. Ils témoignent:

– Lorsque nous avons observé la première fois cette masse gélatineuse, elle semblait recouverte d’algues analogues à celles qu’on trouve dans les culs de basses fosses océaniques ou sur les fonds de bidets permo-triasiques.  C’est alors qu’est arrivé Monsieur de Rugy, qui a décliné son identité en nous montrant sa carte de bus Macron. Contemplant avec une mine écœurée les restes posés sur la table, il a voulu nous faire admettre qu’il s’agissait du corps d’une ministre ébouriffée « tombée des cieux parlementaires » – ce sont ses propres mots – où elle avait été, d’après lui, « projetée par les coups d’épingles assénés par deux députés insoumis ». Il a même cité leurs noms, François Ruffin et Adrien Quatennens, mais, personnellement, nous ne sommes pas convaincus. Nous pensons sincèrement, et nos examens tendaient à le prouver, que ce que nous avons retrouvé sur la plage ne peut pas être une ministre mais une nouvelle espère de méduse particulièrement urticante que nous avons décidé de baptiser, en référence ironique au mouvement « En Marche! » qui est venu en confisquer les restes, semaeostomea ambulans. Et nous ignorons complètement pourquoi Monsieur De Rugy a cherché à nous empêcher de travailler.

Le chef de l’État est intervenu depuis devant l’Assemblée Nationale pour annoncer que les deux élus responsables seraient jugés « par le tribunal de l’île de Guyane pour coups et blessures contre méduse involontaire ayant entraîné la mort » et qu’il attendait des juges « une décision répondant aux attentes de l’Élysée puisque je suis votre chef ».

Les députés sont restés médusés devant cette intervention et nombreux sont ceux qui, bien que lecteur du Monde Diplomatique, crient au complot. Un tumulte sans nom règne à l’Assemblée d’autant plus que les débats ont dû être reportés, Monsieur de Rugy ayant téléphoné pour annoncer son retard… à cause du bus.

Bruno Adrie