« Baisse des APL et science-fiction à l’Assemblée », par Bruno Adrie

Ses yeux sont deux billes sales, enkystées dans les graisses d’une bonne conscience épicière qui rappelle les plus belles heures du marché noir et elle se traîne comme un éléphant de mer dans les couloirs de l’Assemblée. Placée devant le micro du commandant Cousteau, elle a récemment justifié la baisse programmée des APL en disant : «Si à 18 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros par mois…»

On dit d’elle qu’elle a hésité, au départ, entre l’emmarchisme et le Front National. Elle a choisi l’emmarchisme, mais elle ne pouvait pas se tromper puisque les deux mènent à la dictature. Une dictature sans maréchal pour l’emmarchisme, mais une dictature tout de même, avec son petit caporal faux-cul, souriant niais, accoudé Louis XVI, courte frisure sur son grand front, ses escarpins qui se balancent sous la dictée pète-sec et ébouriffée d’une institutrice fil de fer au mollet dur et au portrait desséché.

La députée, elle a un nom que je n’écrirai pas. Il s’ouvre sur un O béant qui cherche à gober une apostrophe voltigeante et effrayée… et sans sa perruque « dessous de bras » on jurerait, en regardant bien, qu’elle est la sœur de Jabba the Hutt.

Bruno Adrie