« Le président Printemps : le guignol qui cache la tragédie », par Bruno Adrie

Il en enfile des tenues, le président Printemps ! On l’a vu dernièrement en soldat, combinaison kaki, serrant des paluches engagées dans la chaleur de juillet et sous les drapeaux battants d’une com’ dont on peut se demander si elle n’a pas peur de faire sombrer dans le ridicule celui qu’elle cherche à promouvoir. Et les commentateurs d’ironiser sur ce personnage qui ressemble plus à une poupée qu’à un homme, à une poupée que l’humeur des propagandistes estampillés Printemps habille et déshabille au gré des nécessités supposées de la situation politique. Le président Printemps venant de se farcir un général, il a dû sembler de bon ton à ceux qui l’entourent et dont le métier est de tromper le populo qu’il était urgent de le réconcilier, au moins en apparence, avec une grande muette qui a reçu l’ordre d’avaler sa langue et de se serrer la jugulaire sur les cordes vocales. Ce qui est grave c’est qu’il y a des Français pour s’intéresser à ce petit théâtre de déguisements mis en scène pour remplacer la réalité. Une réalité que quelques tribuns courageux (on me pardonnera de ne citer que François Ruffin et Adrien Quatennens) exposent à l’Assemblée Nationale, dénonçant les dysfonctionnements entretenus d’un pays que la horde des charognards du néolibéralisme, qui trottent à grands braiements sous la peau d’âne et les grandes oreilles de l’emmarchisme, va bientôt réduire à la pauvreté et jeter dans un conflit social qui risque de devenir sanglant. Car les Français, s’ils étaient sains d’esprit, devraient bouder les simagrées infantiles de ce jeune VRP falot surgi de l’égout affairiste et que la fermentation forcée des médias a propulsé pestilentiellement derrière un bureau de l’Elysée pour y faire joujou avec nos valeurs, notre travail et nos vies.

Bruno Adrie