« L’armée en marche avant contre La République En Marche arrière? », par Bruno Adrie

« Méfiez-vous de la confiance aveugle. Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi » a récemment écrit le général Pierre de Villiers en visant manifestement le New President qui l’a vertement rappelé à l’ordre devant un parterre de beau linge le jour de la fête nationale. Un général pour qui la confiance « doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte ». Super Macron zozotant peut se le tenir pour dit, il n’impressionne pas le général qui, peut-être parce qu’il est chrétien et qu’il aura été, on peut le supposer, supporter de Fillon aux dernières élections, n’apprécie pas les manières de chef de bureau du nouvel arrivé arriviste et autoritaire installé par les milliardaires et leurs médias dans le fauteuil du général de Gaulle. Citant un autre propos hors contexte (« Seul, je ne peux rien. Ensemble, rien n’est impossible! »*), les gratte-papiers appointés par ces mêmes médias ont cherché à faire passer le bon général pour un factieux, un golpiste, un militaire préparant un coup contre la République et la démocratie. Pauvres gratte-papiers (et pauvres lecteurs qui s’abreuvent à la source fétide de leurs divagations verdâtres) qui n’ont pas vu ou feignent de ne pas voir que le coup d’Etat a déjà eu lieu en trois étapes, la première lors des élections présidentielles, la deuxième lors des élections législatives et la troisième le 13 juillet, lorsque l’Assemblée a, malgré l’appel à la raison des députés de La France Insoumise, voté la Loi d’Habilitation qui donne au New President à bec d’aiglon et à son gouvernement dirigé par l’échassier barbu Edouard Philippe, la possibilité de légiférer par ordonnances sur le déboutonnage du code du travail. Ce que les Français doivent savoir, c’est que ce n’est pas parce qu’on est général et en colère qu’on rêve de devenir Pinochet. Et puisque j’évoque Pinochet, il suffira de rappeler que deux généraux, deux chefs d’état-major du président Salvador Allende ont toujours manifesté un soutien indéfectible à la légalité constitutionnelle chilienne, le général Schneider et le général Prats, et que ces deux généraux ont péri dans des attentats commandités par des milliardaires chiliens et étasuniens (ces derniers bien servis par les deux raclures qui dirigeaient alors la politique à Washington) avaient décidé que des soldats fidèles aux institutions devaient être éliminés. Alors, Mesdames et Messieurs les gratte-papiers qui déversez sur nos écrans l’eau de vaisselle que vos patrons font mousser dans les airs à coups de millions volés, cessez donc de ramper et de servir un gouvernement putschiste (à sa manière) et, surtout, de confondre la légalité avec la démocratie!

Bruno Adrie

*Le propos complet étant une justification de l’affirmation du général de Villiers de la supériorité de la confiance et de l’adhésion sur l’autorité aveugle : « Comme chef d’état-major des armées, je mesure chaque jour davantage à quel point je suis dépendant de l’action de chacune et de chacun d’entre vous. Seul, je ne peux rien. Ensemble, rien n’est impossible! »


Photographie : Le président Allende et le Général Prats