« Le grand carnaval (américain) de l’esprit », par Bruno Adrie

Alors que l’armée syrienne est en train de vaincre Daech, et que les Américains sont en train de perdre tout prétexte pour intervenir, leur formidable imagination vient à leur rescousse. Feignant la clairvoyance, ils annoncent que Bachar Al Assad prépare une attaque chimique contre son peuple, ils la préparent ou la font préparer, l’attaque chimique se produit, Bachar El Assad est vendu dans l’instant aux entreprises de propagandes appelées TV, radios et journaux, comme responsable de ce crime innommable, et nos flibustiers d’outre Atlantique tiennent à nouveau une bonne raison d’aller bombarder des gens qui ne leur ont rien demandé.
Rien de neuf sous le soleil des Carnegie, des Hearst, des Morgan, des Rockefeller depuis l’explosion du cuirassé Maine dans la baie de La Havane en 1898, depuis l’attaque contre le RMS Lusitania, depuis l’attaque de Pearl Harbour, depuis l’incident de la Baie du Tonkin, depuis l’invasion programmée du Koweït par Saddam Hussein, depuis, depuis… jusqu’à aujourd’hui. Nietzsche a dit que le vingtième siècle serait celui du grand carnaval de l’esprit. Rassurons son âme qui nous survole, moustachue : ça continue au vingt-et-unième.
Bruno Adrie