« Basta!, les bobos et la violence au Venezuela », par Bruno Adrie

Dans un post intitulé « Venezuela : ‘Défendre le gouvernement relève d’un aveuglement idéologique néfaste’ », le site Basta! relaie l’appel d’un collectif d’intellectuels « persuadés qu’un autre dialogue est possible au Venezuela au-delà de la polarisation et de la violence ». Cette équipe de médiocrates bien nourris nous explique que « la résolution d’une crise politique est toujours longue et complexe, mais [qu’]elle elle exige toujours plus de démocratie, jamais moins » et que « ce résultat ne pourra être atteint que par le respect des droits humains et l’autodétermination du peuple vénézuélien. »

On aimerait que ces intellectuels nous expliquent comment, en maintenant les formes de la démocratie bourgeoise, un pays assiégé pourra faire face aux tentatives de déstabilisation venant de Washington. Le problème s’était déjà posé à Allende. Or, comme le Chili, le Venezuela est situé trop loin de Dieu et bien trop près des Etats-Unis. Comment s’engager pour plus de démocratie dans ces conditions? L’étiquette intellectuel de gauche (molle) des signataires de cet appel « conscients de la géopolitique régionale et mondiale » ne permettra pas de sortir du piège tendu par la première puissance impérialiste mondiale et par la droite golpiste vénézuélienne. Néanmoins, en signant et en continuant de signer des appels, ils font ce qu’ils savent faire : déverser l’encre tiède de leurs idéaux petits-bourgeois sur des situations explosives qui exploseront toujours et réduiront toujours à néant la tiédeur de leurs signatures infatuées.

De là à dire que ces intellectuels soutiennent une révolution colorée et que Basta! a l’approbation de la CIA…