« Alors Macron, comme Pétain…», par Bruno Adrie

 

Comme l’a montré Annie Lacroix-Riz et comme l’avait deviné, avant elle, le très sagace Henri Guillemin, le soldat Pétain ne fut que le décor de cheminée sorti des caveaux de l’Histoire pour justifier le renversement de la République et l’installation, crise oblige, d’une dictature, qui, dans les faits, ne répondait à aucune autre logique que la sauvegarde des profits des nantis. Pour tuer la « gueuse », pourtant vautrée de longue date dans la couche syphilitique des intérêts boursiers, les nantis avaient porté le buste de Pétain sur la civière fleurie d’une procession célébrant la défaite comme une victoire et le vieux maréchal moustachu comme le dernier rempart contre Hitler. Mais la moustache de Pétain n’était pas un rempart contre le fascisme des nantis. Pétain y adhérait et dissimulait son adhésion derrière un apparent paternalisme, une feinte bienveillance, la droiture grimée du vainqueur de Verdun et la trompeuse fragilité du vieillard chevrotant qu’il était devenu.

Aujourd’hui, pas besoin de coup d’Etat, le coup de force est accompli, le totalitarisme européen déjà en place – les traités sont là pour ça – et les profits sont garantis. Le banquier Macron n’est que le décor de cheminée sorti du néant, inventé par les nantis et seringué par leur presse dans les cervelles maltraitées d’électeurs tout juste capables d’épanchements mousseux et de fausses couches sanguinolentes. Des électeurs qui croient, parce qu’on le leur a dit et répété, que le candidat d’ « En Marche ! » est le dernier rempart encostardé contre le fascisme. Mais le costard de Macron n’est pas un rempart contre le fascisme des profits. Macron y adhère et dissimule son adhésion derrière une apparence bobo, une feinte amabilité, une décontraction grimée et la trompeuse inoffensivité de l’adolescent zézayant qu’il n’a jamais cessé d’être.

Alors Macron, comme Pétain…

Bruno Adrie