« Les insoumis veulent soumettre Bachar El Assad », par Bruno Adrie

Dans une interview accordée à L’Obs le 14 avril 2017, Djordje Kuzmanovic, le conseiller sur les questions internationales de Jean-Luc Mélenchon, a confirmé la position de son patron à propos du sort à réserver au chef d’Etat syrien: « Bachar [sic], comme d’autres dictateurs, doit être traîné devant la Cour pénale internationale. » Une ferme conviction qui ne l’empêche pas d’affirmer plus loin que « les droits de l’homme, c’est partout ou nulle part » qu’on doit les faire respecter, qu’il faut faire « cesser les politiques néocoloniales, les interventions absurdes » car elles favorisent « l’émergence de drames humanitaires » qui nous forcent à intervenir. Etrange argumentation pleine de zones d’ombre.

Djordje Kuzmanovic ne voit-il pas que la France n’intervient pas dans chaque drame humanitaire, qu’elle n’est, par exemple, jamais intervenue au Yémen ou à Gaza? Ne voit-il pas que la destruction de la Syrie est précisément l’un des drames engendrés par la politique d’ingérence humanitaire inventée pour justifier les pillages de la super classe affairiste occidentale? Ne voit-il pas non plus qu’en réclamant la condamnation du chef d’un Etat souverain qu’il considère comme un criminel, il persiste dans l’interventionnisme humanitaire? Et pour finir, comment n’a-t-il pas compris, puisqu’il est directeur de recherche en géopolitique, que juger Bachar El Assad, c’est faire le jeu des Etats-Unis, de la Turquie, des pétromarchies du golfe et d’Israël? Pourquoi n’exige-t-il pas, avec la même détermination, qu’on juge George Bush, Barack Obama, Tony Blair, David Cameron, Nicolas Sarkozy et François Hollande pour les crimes qu’ils ont commis ou laissé commettre? Et à quoi bon annoncer qu’il va faire sortir la France de l’OTAN, si c’est pour finalement adopter la position de Washington sur la question syrienne?

Et… pourquoi porter une cravate rouge? Parce que ça fait insoumis?

Bruno Adrie