« La ‘blitzkrieg’ de Fillon », par Bruno Adrie

Un rappel utile concernant le coup d’Etat prévu par Fillon, l’homme qui s’est mis, non au service de la France, mais du patronat, d’un patronat insatiable et antidémocratique, qui veut maintenir et même accroître ses profits en période de crise. Fillon parlait le 10 mars 2016, devant les représentants de ce patronat de déclencher une blitzkrieg législative dès son élection, en employant tout l’arsenal offert par la constitution de la Vème République: décrets, ordonnances et 49.3. Il proposait en plus de mettre en place un référendum dès septembre afin de façon à prolonger un état de tension électorale, ce qui aurait dû avoir pour effet, selon lui, d’affaiblir les mobilisations sociales que craignent tant les puissants. Pas question ici d’interdire le lobbying ou de ramener à la raison les exilés fiscaux, pas question d’aider les pauvres ou de partager la richesse créée par la nation, pas question non plus de quitter l’Union européenne ou l’OTAN qui sont des corsets dans lequel les patrons se sentent manifestement très à l’aise.
Je ne vois pas de différence fondamentale entre le discours de Fillon devant nos bons possédants et ceux que l’agitateur Hitler a tenus devant les monopolistes de la Ruhr et les junkers à la fin entre 1926 et 1933. Mêmes intérêts, même combat, même trahison des intérêts du plus grand nombre de la part d’un tribun grassement récompensé et portant autour du coup le collier de l’Argent. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le livre de Gossweiler, Hitler, l’irrésistible ascension?.
Et ne me parlez pas de point Godwin car je veux simplement rappeler que le fascisme est la solution que le capitalisme trouve en temps de crise, de crise, faut-il le rappeler, déclenchée par lui-même, par ses excès et grâce aux déréglementations qu’il a exigées des pouvoirs publics.
N’oublions pas que Fillon n’est pas simplement une petite carcasse qui fait semblant d’être élégante et dans laquelle sont venus se loger l’arrogance et le mépris de la classe qu’il a choisi de servir. Il est aussi la démonstration que la tentation fasciste n’est pas morte puisque seule capable, depuis les années 20, de maintenir les profits de la classe dominante en déclarant la guerre, en déclenchant une blitzkrieg, contre les hommes politiques, les syndicalistes ainsi que tous ceux qui chercheront à défendre les intérêts de ceux qui sont nés pour travailler, se taire et crever de faim.
Le fascisme, c’est après Fillon, c’est juste après.

Bruno Adrie