« Danse au dessus du volcan », par Patrick Boitet

La décision de Trump de frapper en Syrie avant toute enquête internationale est lourde de conséquences et ouvre la boîte de Pandore. La destruction de la base aérienne d’où sont partis les avions qui ont frappé Khan Cheikhoun rend très difficile le travail d’éventuels enquêteurs. Nous ne saurons sans doute jamais ce qui s’est réellement passé. Deux versions s’affronteront, l’américaine qui parle de bombardements à l’arme chimique et la russe qui évoque le bombardement d’un entrepôt chimique aux mains des rebelles. Seule certitude, le tir de 59 missiles de croisière a tué 9 personnes, coûte cher aux contribuables américains et affaiblit l’aviation syrienne sur les zones de Palmyre et de Deir Ezzor, où l’armée syrienne combat l’Etat islamique. Comme par hasard, les djihadistes ont repris dans la foulée leurs offensives. Ce n’est pas la première fois que les Américains viennent « au secours » de l’EI. Lors du siège d’Alep-Est, des avions de la coalition internationale ont frappé « par erreur » une position de l’armée syrienne défendant Deir Ezzor. 80 soldats syriens sont morts et les combattants de Daesh ont pris la position. Il s’en est fallu de peu que la ville ne tombe ensuite entre les mains de l’EI. Une sacré bavure…
Une semaine après avoir déclaré que le départ d’Assad n’était plus une priorité, l’administration Trump fait volte-face, pour le plus grand plaisir d’Hillary Clinton et des faucons néo-cons de Washington qui réclament désormais la destruction de l’aviation syrienne. De son côté, Israël fait savoir que son armée pourrait intervenir en Syrie pour des raisons « humanitaires ».
Les défenses antiaériennes syriennes vont être renforcées et Moscou a fait savoir que l’accord de bonne entente avec les Américains pour l’utilisation du ciel syrien n’était plus de mise. Si les Russes descendent un avion américain ou israélien au dessus de la Syrie, cela va devenir très chaud…