« Fragments d’un discours politique », par Philippe Rouached (CLEA-Paris IV, Sorbonne)

(présentation de mon recueil de nouvelles : Sous ton nom, Liberté, j’écris mon nom)

Il n’est pas nouveau de dire que les relations de pouvoir entre les gouvernements occidentaux et ceux des pays émergents s’inscrivent le plus souvent dans une domination brutale des peuples, une stratégie d’appropriation voire de pillage des matières premières et des richesses, dans la lignée des empires du passé. Il n’est pas nouveau non plus de dire que les medias participent, sans avoir l’air de s’en rendre compte, à la manipulation idéologique qui tente de masquer cette réalité. En revanche, ce qui est original, c’est la mise en fiction de cette matière événementielle.

Car c’est bien de littérature qu’il s’agit. Par l’écriture bien sûr, mais également par l’humour qui est une manière d’atténuer un panorama assez sombre, de jeter un regard distancié sur notre monde.

Ces nouvelles s’inscrivent dans une tradition littéraire ininterrompue qui remonte à la satire latine (Juvénal fustigeant la décadence de Rome) en passant par le conte philosophique (Voltaire) pour rejoindre les auteurs contemporains dont la fiction enserre une critique sociale et politique (Luis Sepúlveda).

A une époque où l’Histoire est en crise, car impuissante à interpréter le temps présent, mal relayée par des spécialistes de tous bords, politologues, économistes et autres stratèges autoproclamés en relations géopolitiques, il est remarquable que le champ de la littérature soit investi à nouveau pour proposer un regard éclairant sur le monde qui rencontre le public.

Dans ses nouvelles, Bruno Adrie démystifie ce grand théâtre qu’est notre monde contemporain en créant une « fiction vraie » dans laquelle sont enchâssés les fragments d’un discours politique.

 Philippe Rouached (CLEA-Paris IV, Sorbonne)

Lire aussi, pour ceux que ça intéresse, du même auteur, une présentation détaillée du recueil Sous ton nom, Liberté, j’écris mon nom