« La gueuse et les gueux », par Bruno Adrie

Je constate que certains appellent encore la République « la gueuse ». Il est vrai que la IIIème a été fondée par des crapules pour rendre service aux affairistes (si vous êtes de droite lisez Beau de Loménie, si vous êtes de gauche écoutez ou lisez Henri Guillemin), mais j’ai tout de même ceci à dire :

La République n’est gueuse que parce qu’elle est pourrie par les gueux grands bourgeois, les gueux hauts banquiers et les gueux arrivistes, les notables qu’ils emploient pour la rendre gueuse aux yeux des vrais gueux que nous sommes, nous que les gueux grands bourgeois et les gueux hauts banquiers ont décidé de laisser en guenilles, sur les trottoirs des gueux quartiers, loin des palais qui les abritent. N’insultons pas Marianne qui tombe, cherchons plutôt les proxénètes qui l’ont souillée avant de la jeter au ruisseau. Débusquons-les et jetons-les au cachot où les rats n’oseront même pas les mordre tellement leurs âmes sont pourries et tellement ils puent.

Bruno Adrie

Illustration : La Parabole des aveugles, tableau peint en détrempe de Pieter Brueghel l’Ancien, 1568.