« ‘Moi, président’, le songe ridicule de Benoît Hamon », par Bruno Adrie

Moi, président, j’irai m’agenouiller devant les banquiers à Londres, je leur dirai que les socialistes sont ceux qui ont le plus privatisé en France durant ces dernières décennies. Moi président, je leur dirai que les communistes ont cessé d’être méchants envers le capital. Moi président, je continuerai de faire plier la France sous le poids des traités européens. Moi président, je ferai en sorte que mon pays reste une colonie de l’OTAN. Moi président, je ne lutterai pas contre les paradis fiscaux, d’autant plus que ma femme travaille chez LVMH et qu’on ne sait jamais… Moi président, je n’abrogerai pas la loi Macron, ni la loi El Khomri. Moi président, je continuerai de donner l’ordre à la police de matraquer et gazer les travailleurs révoltés par l’injustice d’un système taillé sur-mesure par et pour les riches (dont LVMH). Moi président, je continuerai d’imposer des sanctions à la Russie parce que, tout de même, c’est scandaleux cette façon qu’il a eue, Poutine, de s’emparer de la Crimée et de soutenir les révoltés du Donbass. Moi président, je ne sais pas encore si je continuerai de soutenir les rebelles « modérés » syriens, on verra bien, j’attendrai les ordres de Washington, et puis les Russes ont tellement chamboulé la donne que, pour le moment, je ne peux rien dire, me voilà bien embarrassé. Moi président, je ferai grosso modo la même chose que Macron ou Fillon mais bon, ce sera « moi, président » et c’est tout de même mieux, car y a tellement de galette à prendre.
Moi président, je saurai vous montrer ce qu’est un vrai socialiste frondeur.

Bruno Adrie