« Derrière les gros sourcils de Fillon », par Bruno Adrie

A l’issue des primaires de droite, Fillon avait dit aux Français qu’ils allaient devoir supporter ses gros sourcils (autodérision) et sa réserve (éloge d’un défaut implicitement transformé en vertu) encore quelque temps. Personnellement, ses sourcils je m’en moque, autant que de sa sale tête de notable de province propriétaire de manoir et collectionneur de montres. Quant à sa réserve, je considère qu’elle n’est pas vertu et qu’elle s’assimile plutôt à de la dissimulation : dissimulation de l’emploi fictif de sa femme au Parlement qui devrait être considéré comme un abus de bien social; dissimulation des 100000 euros versés sur le compte de sa « très chère » Pénélope, par la Revue des deux mondes en remerciement sans doute de services rendus au patronat par un très sourcillé et peu sourcilleux mari. En creusant, on devrait en trouver d’autres des rémunérations illicites pour services rendus. Et les Français qui se prennent pour la France et qui appellent ces révélations des coups bas et de la politique de caniveau, nous montrent clairement qu’ils ne veulent pas voir la vérité (en tout cas pas de celle qui concerne leur candidat) mais persévérer, sous prétexte de défendre une France éternelle, presque royaliste et asymptotiquement pétainiste, dans la destruction des acquis sociaux. En défendant l’idée morte d’une France morte depuis longtemps, ils veulent confirmer l’avènement d’une politique moderne d’appauvrissement du plus grand nombre et de destruction de la société au profit des banquiers, des agioteurs et des fonds abusivement qualifiés d’investissement. En faisant cela, ils précipitent la décadence qu’ils déplorent eux-mêmes. Ces gens sont des imbéciles aux cervelles « charogneuses » et aux yeux crevés. Ils sont la maladie de la France.

Bruno Adrie