« Présentation du site Arrêt sur info » par Silvia Cattori

Arrêt sur Info, fondé le 19 juillet 2014, entend offrir un ensemble d’informations, d’analyses et d’opinions, axées principalement sur les conflits et les guerres, en défense du respect du droit international.

Notre ambition

  • Offrir une information libre, honnête, indépendante de tout pouvoir politique ou financier, basée sur la recherche de la vérité, en respectant le code éthique de la profession de journaliste
  • Contribuer au développement d’un libre débat et à aller vers un monde moins inhumain

Notre objectif 

  • traiter des crises, des guerres et de leurs conséquences désastreuses au Proche et Moyen-Orient notamment, une région que nous connaissons bien, en s’appuyant sur des sources plurielles
  • mettre en lumière des aspects significatifs occultés ou traités de façon biaisée par la presse traditionnelle
  • exposer les dérives gouvernementales, ainsi que des institutions internationales et d’ONG dites « non gouvernementales »
  • alerter l’opinion publique sur les dangers grandissants pour la paix mondiale auxquels nous exposent l’OTAN, l’utilisation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sous de fallacieux prétextes « humanitaires », comme cela a été le cas en Libye en 2011
  • mettre en évidence les mensonges et les manipulations à l’œuvre dans la presse, pratiques formellement condamnées par la Déclaration des droits et devoirs des journalistes
  • éclairer le rôle des partis ou groupes de pression qui abusent de leur position pour censurer et stigmatiser les voix dissidentes
  • favoriser la diversité et la multiplicité des points de vue
  • défendre la liberté d’expression pour tous, sans laquelle la recherche de la vérité n’est pas garantie

Notre engagement

« Il y a un mur entre nous et la réalité… Ce mur s’appelle: les médias. Ce mur est un outil qui sert à nous détourner de vérités dérangeantes » Roger Waters.

Tout citoyen doit savoir surmonter les obstacles qui l’empêchent d’aller voir de l’autre côté du miroir pour sortir de l’ignorance dans laquelle les pouvoirs étatiques et médiatiques cherchent à l’enfermer.

Notre volonté : œuvrer dans le respect de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes. Notamment :

  • Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour soi-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité
  • Publier les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents
  • Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte

Qui sommes-nous?

Silvia Cattori, journaliste indépendante, de nationalité suisse et de langue maternelle italienne. Marquée par la brutalité du coup d’État militaire contre le président du Chili, Salvador Allende, choquée par la présentation biaisée de la presse en faveur des putschistes, c’est en étudiant la façon dont celle-ci a traité cet évènement qu’elle mesure le rôle des médias dans la mise en place de régimes dictatoriaux et l’acceptation de leurs crimes. Elle consacre un ouvrage à ce sujet : «Septembre 1973 au Chili vu au travers de quatre quotidiens – Qualité de l’information et droit à l’information ».

Au cours de sa trajectoire, Silvia Cattori a eu l’occasion de côtoyer des personnalités politiques et des diplomates de premier plan, en Asie comme en Afrique. Les années qu’elle passe outre-mer, notamment en Asie du sud-est et dans l’Océan indien, en lien étroit avec le milieu de la diplomatie, lui donnent une certaine compréhension du monde, de ses mécanismes de pouvoir et de ses injustices. Confrontée aux guerres et leurs atrocités, à l’extrême pauvreté de ces pays du sud, aux limites et aux paradoxes de l’assistance bilatérale et internationale, elle assiste aux bouleversements consécutifs à la guerre menée par les États-Unis contre le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Elle se rend notamment au Vietnam du Nord, alors fermé, où elle témoigne de la gravité des dévastations causées par les bombardements de l’armée US et de la résistance héroïque du peuple vietnamien.

Témoin du coup d’État militaire sanglant du 6 octobre 1976, où en quelques heures plusieurs centaines d’étudiants sont tués, lynchés, à l’Université Thammasat, en plein Bangkok, elle ouvre sa maison à des intellectuels et étudiants mis sur la liste des gens recherchés, traqués par la répression, qui se sont vus obligés d’entrer en clandestinité. Elle est, en 1978, la première journaliste occidentale à pouvoir se rendre dans les maquis du parti communiste thaïlandais, au sud de la Thaïlande, où se sont réfugiés des milliers d’étudiants. Sur cette période troublée, elle publie en 1979, aux Editions L’Harmattan, « Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais ».

Revenue en Europe, après l’Asie et de longues années passées à Madagascar, à voyager dans l’Océan indien et sur divers continents, elle se tourne principalement vers la rédaction de textes littéraires.

Lorsque, en 1989, éclate en Suisse le « scandale des fiches », établies par la police politique, sans base légale, sur 900’000 personnes et organisations (sur une population de 6.5 millions d’habitants), elle a la surprise de découvrir qu’elle figure sur la base des données des gens surveillés par le Service de renseignement intérieur, à la suite des contacts de travail qu’elle a eus, dans les années 70, avec le militant Pierre Rousset [fils de David Rousset, résistant, déporté, et auteur de «L’Univers concentrationnaire », ouvrage fondamental sur les camps nazis]. Ses espions de pacotilles avaient tout noté: chaque rencontre, l’heure, ses déplacements, les versements d’abonnements à des revues, copié les courriers qu’elle recevait. Tout cela ressemblait étrangement à ce que nos sociétés reprochaient aux régimes communistes. Pareil ! Mais tout cela se passait en Suisse et à l’insu de ses citoyens (et tout cela continue aujourd’hui, à l’insu de nombreuses personnes qui sont fichées, suivies par des moyens humains, à l’israélienne).

En 2002, elle est rattrapée par la politique dont elle avait cherché à s’évader. Elle se rend en Israël au moment où Ariel Sharon lance contre le peuple palestinien bouclé en Cisjordanie, une vaste opération militaire appelée « Bouclier de protection ». Horrifiée par ce qu’elle découvre elle a consacré des centaines d’articles pour alerter sur la gravité des crimes perpétrés par l’armée occupante. Son engagement pour la justice, dès lors qu’elle témoignait des crimes des gouvernements israéliens successifs, lui a valu d’être régulièrement insultée, accusée, par des responsables d’organisations pro israéliennes, d’« antisémitisme », voire de « négationnisme », calomnies destinées à faire taire ceux dont la narration passe une certaine « ligne rouge ».

Elle résume ainsi son parcours : « Trois chocs majeur ont successivement déterminé ma trajectoire : le coup d’État militaire sanglant contre Allende au Chili en 1973 ; le coup d’État militaire sanglant de 1976 à Bangkok ; enfin l’opération militaire criminelle déclenchée par l’armée israélienne en mars 2002 contre un peuple occupé, sans défense. Ce troisième choc a été très traumatisant. Il a brutalement changé le cours de ma vie. Je suis revenue à la politique à ce moment là – aussi dur que cela ait pu être pour moi – pour faire mon devoir qui est d’informer, de dire ce que j’ai constaté de la gravité des exactions commises par l’armée israélienne, dont j’ai été un témoin atterré. Je suis revenue à l’écriture politique pour faire entendre la voix de ces populations écrasées, dont les vies ont été dévastées, meurtries, qui m’ont si généreusement accueillie en Cisjordanie et à Gaza. Je suis revenue au journalisme pour dire que le peuple palestinien a des droits comme chaque peuple, des coutumes et des valeurs culturelles et religieuses qui valent les nôtres, et sont aussi importantes que les nôtres. Mon devoir est simplement de dire la vérité.»

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