Suspension de la démocratie à la faveur de la crise : un article du Monde diplomatique de 2012

Dans cet article du Monde diplomatique, le césarisme désigne la prise de pouvoir par les forces financières au détriment des instances démocratiques. Il n’est donc pas à prendre dans le sens que lui donne Michael Parenti dans The Assassination of Julius Caesar qui est exactement le contraire, c’est-à-dire celui d’une reprise du pouvoir par le politique sur les forces financières devenues incontrôlables.

Cet article reprend l’histoire de la crise en Europe et montre que les forces financières du capitalisme y ont pris le pouvoir, transformant notre système politique  en régime autoritaire. Les auteurs, deux universitaires, y citent Antonio Gramsci qui avait observé « qu’au cours des grandes crises du capitalisme, les institutions qui dépendent du suffrage universel, comme les Parlements, passent au second plan. A l’inverse, les circonstances consolident « la position relative du pouvoir de la bureaucratie (civile et militaire), de la haute finance, de l’Eglise, et en général de tous les organismes relativement indépendants des fluctuations de l’opinion publique. »

Ce qui se joue sous nos yeux, c’est une guerre menée par les instances du capitalisme financiarisé contre les peuples, grâce à l’affaiblissement et à la confiscation de l’État dans le carcan européen. Menée de front avec un programme de réduction des libertés des individus, cette prise de pouvoir par les banquiers accapareurs rappelle la « fascisation de la démocratie » évoquée par le serviteur du Comité des Forges André François-Poncet devant le comte Ciano en 1938 (voir Annie Lacroix-Riz, De Munich à Vichy, l’assassinat de la troisième République 1938-1940, Armand Colin, 2009. On trouve ici un résumé de ce livre).

L’article: « Suspension de la démocratie à la faveur de la crise: Vers un césarisme européen » par Cédric Durand et Razmig Keucheyan, novembre 2012

Photos : dans l’ordre, les banquiers Klaus Regling, Jacques de Larosière, Mario Monti et Lucas Papadémos.